De là où je venais…
à ce que je suis devenue.
Adolescente, j'étais en surpoids.
Le sport, je l'évitais. Je trouvais toujours une excuse.
En cours d'EPS, j'étais celle qui se cachait derrière les bâtiments pour ne pas courir. Celle qui "oubliait" ses affaires. Celle qui regardait les autres sans oser.
Ce n'était pas de la paresse.
C'était de la honte.
Je ne me reconnaissais pas dans mon corps. Je ne savais pas quoi en faire. Et je n'avais personne pour me montrer comment changer ça.
Puis il y a eu une rupture.
Au lieu de la subir, j'ai décidé de reprendre ma vie en main.
Je suis partie de zéro, sans aucune connaissance — comme beaucoup de femmes. Les cours collectifs ont été mon premier pas. Ensuite, j'ai voulu comprendre : j'ai lu, je me suis formée, j'ai observé, testé, appris.
Peu à peu, la musculation est devenue une véritable révélation. Je ne cherchais plus juste à perdre du poids — je découvrais qu'on pouvait construire un corps plus fort, plus harmonieux, et surtout retrouver confiance en soi.
En parallèle, j'ai intégré la Police nationale, en tant que gardienne de la paix. Un métier exigeant — mais je continuais à m'entraîner avec la même rigueur.
Et là — tout a basculé. J'avais enfin trouvé quelque chose qui n'appartenait qu'à moi. Cette passion ne m'a plus quittée.
Je n'avais pas un corps de compétitrice au départ. J'avais quelque chose d'autre : la conviction que le corps répond, si on lui donne les bons outils.
J'ai travaillé. Longtemps. Rigoureusement. Avec un entraînement structuré, une diète précise, un mental à construire semaine après semaine.
Jusqu'aux demi-finales du Championnat de France de Bikini Fitness, en 2019.
Je ne dis pas ça pour impressionner. Je le dis pour que tu comprennes quelque chose d'important :
je ne suis pas née avec ce corps. Je l'ai construit. Depuis zéro.
Et puis, en 2023, est venue la grossesse de ma fille, Luciana. Avec alitement.
Menace d'accouchement prématuré, contractions à répétition — toute activité physique m'a été interdite pendant plusieurs mois. De cinq à six entraînements par semaine, je suis passée à zéro.
J'ai continué à manger équilibré. Et pourtant, j'ai pris 13 kilos. Corps qui gonfle. Corps qu'on ne contrôle plus. Muscles qui disparaissent. Confiance qui part avec eux.
Après — la vraie vie qui reprend. Bébé. Fatigue. Nuits courtes. Temps qui manque.
Se reconstruire dans ces conditions, ce n'est pas glamour. Personne ne te félicite. Personne ne voit l'effort.
Je l'ai fait. Pas parfaitement. Pas vite. Mais je l'ai fait.
C'est là que tout a pris sens. Ce n'est pas à la compétition que je suis devenue une vraie coach. C'est en reconstruisant ma vie de femme, de maman — avec toutes ses contraintes. En 2025, j'ai fait un choix : quitter la Police nationale pour faire de cette passion mon métier, à temps plein.
Aujourd'hui je suis coach diplômée d'État.
Et ce qui me différencie, ce ne sont pas mes diplômes.
C'est que j'ai vécu chacune de ces étapes de l'intérieur.
L'ado qui n'aimait pas son corps. La sportive qui se perdait en salle. La compétitrice qui a tout donné. La maman qui a tout reconstruit.
Je ne te parle pas de théorie. Je l'ai vécu.
« Le corps est modulable à chaque étape de la vie.
Je l'ai prouvé sur moi-même.
Si moi j'ai pu le faire — toi aussi. »